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&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</description><language>fr</language><copyright>© All rights reserved</copyright><lastBuildDate>Wed, 24 Jun 2026 15:57:10 GMT</lastBuildDate><pubDate>Wed, 24 Jun 2026 08:45:00 GMT</pubDate><webMaster>feeds@audiomeans.fr (Audiomeans)</webMaster><generator>Audiomeans (https://www.audiomeans.fr)</generator><itunes:subtitle/><itunes:author>Philippe Meyer</itunes:author><itunes:summary>Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 

 
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 </itunes:summary><itunes:owner><itunes:name>Philippe Meyer</itunes:name><itunes:email>julien@nouvellesecoutes.fr</itunes:email></itunes:owner><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:block>no</itunes:block><itunes:type>episodic</itunes:type><itunes:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><spotify:countryOfOrigin>fr</spotify:countryOfOrigin><googleplay:author>Philippe Meyer</googleplay:author><googleplay:description>&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</googleplay:description><googleplay:email>julien@nouvellesecoutes.fr</googleplay:email><googleplay:explicit>no</googleplay:explicit><googleplay:block>no</googleplay:block><googleplay:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><itunes:keywords>Actualité,Actualité internationale,Politique,Société,Philippe Meyer,Culture</itunes:keywords><image><url>https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg</url><title>Le Nouvel Esprit Public</title><link>https://www.lenouvelespritpublic.fr/</link></image><category>News</category><category>Society &amp; Culture</category><itunes:category text="News"><itunes:category text="Politics"/></itunes:category><itunes:category text="Society &amp; Culture"/><googleplay:category text="News"/><googleplay:category text="Society &amp; Culture"/><podcast:person role="host">Philippe Meyer</podcast:person><podcast:txt purpose="smartlink">https://audmns.com/uSiUSLT</podcast:txt><item><title>Bada : Les passages parisiens, avec Patrice de Moncan (2/3)</title><guid isPermaLink="false">cb26314f-d4ff-4b09-9cc0-d733fd66edd6</guid><description>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;2 : Passages Jouffroy et Choiseul, galeries Vivienne et Véro-Dodat : dans ce deuxième épisode, Patrice de Moncan et Philippe Meyer se promènent au sein des multiples allées couvertes de la capitale, à la recherche de l'intérêt qui les a fait construire, de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au Second Empire. Ces passages confortables, car ils disposent du chauffage, sont le refuge des dames bien nées comme des crapules qui savent y trouver un lieu de choix pour le vol à la tire ; ce sont de Grands Boulevards couverts, qui abritent un art de vivre bien français, celui de la promenade et de la déambulation au milieu des magasins et sous de grandes verrières, que la floraison des grandes gares au milieu du XIXe siècle rendra surannées. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</description><content:encoded>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? 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Ces passages confortables, car ils disposent du chauffage, sont le refuge des dames bien nées comme des crapules qui savent y trouver un lieu de choix pour le vol à la tire ; ce sont de Grands Boulevards couverts, qui abritent un art de vivre bien français, celui de la promenade et de la déambulation au milieu des magasins et sous de grandes verrières, que la floraison des grandes gares au milieu du XIXe siècle rendra surannées. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. 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 Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025.
 
 2 : Passages Jouffroy et Choiseul, galeries Vivienne et Véro-Dodat : dans ce deuxième épisode, Patrice de Moncan et Philippe Meyer se promènent au sein des multiples allées couvertes de la capitale, à la recherche de l'intérêt qui les a fait construire, de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au Second Empire. Ces passages confortables, car ils disposent du chauffage, sont le refuge des dames bien nées comme des crapules qui savent y trouver un lieu de choix pour le vol à la tire ; ce sont de Grands Boulevards couverts, qui abritent un art de vivre bien français, celui de la promenade et de la déambulation au milieu des magasins et sous de grandes verrières, que la floraison des grandes gares au milieu du XIXe siècle rendra surannées. 
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 Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025.
 
 2 : Passages Jouffroy et Choiseul, galeries Vivienne et Véro-Dodat : dans ce deuxième épisode, Patrice de Moncan et Philippe Meyer se promènent au sein des multiples allées couvertes de la capitale, à la recherche de l'intérêt qui les a fait construire, de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au Second Empire. Ces passages confortables, car ils disposent du chauffage, sont le refuge des dames bien nées comme des crapules qui savent y trouver un lieu de choix pour le vol à la tire ; ce sont de Grands Boulevards couverts, qui abritent un art de vivre bien français, celui de la promenade et de la déambulation au milieu des magasins et sous de grandes verrières, que la floraison des grandes gares au milieu du XIXe siècle rendra surannées. 
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 Une conversation entre Patrice de Moncan ...</itunes:subtitle><itunes:block>no</itunes:block><itunes:episodeType>bonus</itunes:episodeType><itunes:duration>15:37</itunes:duration><itunes:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><googleplay:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><podcast:txt purpose="smartlink">https://audmns.com/ozNJWIM</podcast:txt><itunes:episode>463</itunes:episode><itunes:keywords>Actualité,Actualité internationale,Politique,Société,Philippe Meyer,Culture,Passages parisiens,Patrice de Moncan</itunes:keywords></item><item><title>La République selon Marc Bloch</title><guid isPermaLink="false">5e89ae91-ffcc-4293-96af-dd7d683dbb8c</guid><description>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 juin 2026.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec cette semaine :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MARC BLOCH&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C'est en 2006, il y a donc 20 ans qu'une tribune d'historiens publiée par Le Figaro réclama l'entrée au panthéon de Marc Bloch. Elle aura donc lieu avec son épouse, Simonne Vidal, 20 ans plus tard. On peut regretter cette attente. Etienne Bloch fils aîné Marc et son interlocuteur privilégié, lui-même résistant à Lyon avant de s’engager dans les FFI puis de rejoindre la 2ème Division Blindée était encore de ce monde qu’il n’a quitté que trois ans plus tard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Résistant, historien, rationaliste républicain, critique des mythologies nationales et profondément patriote : Marc Bloch échappe aux catégories trop simples. Grand médiéviste, auteur des &lt;em&gt;Rois thaumaturges&lt;/em&gt; (1924), des &lt;em&gt;Caractères originaux de l'histoire rurale&lt;/em&gt; (1931), de &lt;em&gt;La Société féodale&lt;/em&gt; (1939) et aussi d'une réflexion posthume sur son « métier d'historien », &lt;em&gt;Apologie pour l'histoire&lt;/em&gt;, Marc Bloch a ouvert&amp;nbsp; l’histoire aux apports de la sociologie et de l’ethnologie dans une démarche interdisciplinaire novatrice. En 1920, il noue amitié avec son collègue historien Lucien Febvre. Leur complicité intellectuelle les conduit à fonder ensemble les &lt;em&gt;Annales d’histoire économique et sociale,&lt;/em&gt; dont le premier numéro paraît en janvier 1929. La revue exercera une influence considérable sur plusieurs générations d’historiens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Républicain convaincu il partageait les idéaux socialistes : il adhéra à la SFIO, sans pour autant se signaler ni par son militantisme ni par ses prises de position publiques. En 1934, il signe avec Lucien Febvre le manifeste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, mais juge le texte indigent. En 1936, il soutient le Front populaire contre la bourgeoisie d’argent, mais critique Blum et les syndicats, et n’aime pas les communistes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Homme d’action et de responsabilité, Marc Bloch s'est battu en 1914 et s'est réengagé en 1939. En&amp;nbsp;1940, à chaud, il écrit &lt;em&gt;Témoignage,&lt;/em&gt; qui deviendra &lt;em&gt;L’Étrange Défaite.&lt;/em&gt; Une analyse au scalpel du désastre de 1940 où il montre que le pays a été battu parce qu’il s’était déjà défait à l’intérieur. L’ouvrage paraîtra à titre posthume en 1946. Ce «&amp;nbsp;procès-verbal&amp;nbsp;» implacable se décompose en trois chapitres&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Présentation du témoin&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;&lt;em&gt;La déposition d’un vaincu&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Examen de conscience d’un Français&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;em&gt; &lt;/em&gt;Dans cet ouvrage,&lt;em&gt; &lt;/em&gt;l’historien de 53&amp;nbsp;ans ausculte la société de l’entre-deux-guerres, sa course vers l’abîme, et en appelle à une responsabilité autant individuelle que collective. Il y fustige des stratèges dépassés qui, comme en&amp;nbsp;1914, lorsqu’ils se référaient aux guerres napoléoniennes, n’ont rien compris à la guerre de mouvement en&amp;nbsp;1939. Il assemble les pièces d’un puzzle, en historien du contemporain, et procède à la mise en perspective des événements. Pointant notamment la bureaucratie, il n'épargnait personne, ni l'armée, ni les civils, ni la droite, ni la gauche, ni la bourgeoisie, ni ses contempteurs marxistes&amp;nbsp;: &lt;em&gt;« Les défaillances du syndicalisme ouvrier n'ont pas été, dans cette guerre-ci, plus niables que celles des états-majors »&lt;/em&gt;, affirmait-il, déplorant le fait qu'&lt;em&gt;« on n'a pas assez travaillé, dans les fabrications de guerre »&lt;/em&gt;. Il relevait aussi les failles de l'éducation, de l'instruction, de l'esprit de curiosité en général.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après avoir écrit &lt;em&gt;L'Étrange Défaite,&lt;/em&gt; persécuté parce que juif, insoumis parce que patriote, le vieux Sorbonnard est entré en 1943 dans la Résistance. Arrêté en mars 1944 par la Gestapo, torturé à la prison Montluc à Lyon, il a été fusillé le 16 juin 1944, à l'âge de 57 ans.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LA RÉPUBLIQUE&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors qu’il était entré dans la clandestinité en 1943, Marc Bloch écrivit dans «&amp;nbsp;Pourquoi je suis républicain&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La République est le régime du peuple&amp;nbsp;». Cette forme de gouvernement conçu dans l’antiquité connait des interprétations variées. Alors qu’il était admis jusqu’au XVIIIe siècle que la République puisse être aussi bien monarchique, aristocratique ou démocratique, pourvu que soit pris en compte le bien commun, la vision française après Rousseau considère qu’une République bien comprise ne peut être qu’une démocratie. C’est ce que deux historiens du droit, Jacques de Saint-Victor, et Thomas Branthôme, dans leur Histoire de la République en France nomment l’« exclusivisme républicain » français. Les auteurs observent qu’à rebours de ce projet, on voit, depuis quelques années, sous l’influence du modèle anglo-saxon, s’installer des conceptions communautaristes de la démocratie. Dans cette évolution, l’idée laïque, par exemple, qui marque si profondément la tradition républicaine française, est subvertie.&amp;nbsp;Il ne s’agit plus, selon eux, de protéger l’État contre les religions mais, à l’inverse de protéger les religions contre l’État.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Formalisée en 1790, la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité » évolua également. Le ternaire s’effaça sous le Consulat et le Premier Empire, dont la devise officielle fut «&amp;nbsp;Liberté, Ordre public ». Le maréchal de Mac‑Mahon, en 1879, instaura brièvement l’« Ordre moral ». En 1940, Philippe Pétain lui substitua la devise «&amp;nbsp;Travail, Famille, Patrie ». Si 83 % des Français, en 2023 se déclarèrent attachés à la devise, 54 % d’entre eux donnaient la priorité à la Liberté, devant l’Égalité (29 %) et la Fraternité (17 %). Mais nombre d’entre eux jugèrent sa mise en œuvre défaillante : la Liberté n’existerait pleinement que pour 54 % d’entre eux, la Fraternité pour 35 % et l’Égalité pour 31 %.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tandis que, depuis le 16&amp;nbsp;juin, le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome est examiné à l’Assemblée, le juriste Benjamin Morel et le politologue Patrick Weil demandent à ce qu’il soit retiré au nom des valeurs historiques de la France. Ce projet de loi propose de reconnaître des droits particuliers en raison d’une «&amp;nbsp;communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre ». Il crée ainsi, font valoir le juriste et le politologue une hiérarchie entre Français&amp;nbsp;: ceux qui se rattacheront à une communauté corse reconnue, privilégiée, et les autres. Ce serait en rupture radicale et fondamentale avec « les grands principes universalistes qui fondent la République, tout particulièrement le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion énoncé à l’article Ier de la Constitution&amp;nbsp;». Hiérarchiser les citoyens au regard d’une appartenance culturelle et y attacher des droits différenciés, c’est la définition juridique du racisme, font-ils valoir. La République encore et toujours à l’épreuve de l’histoire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. 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Soutenez-nous ! &lt;a href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 juin 2026.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec cette semaine :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MARC BLOCH&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C'est en 2006, il y a donc 20 ans qu'une tribune d'historiens publiée par Le Figaro réclama l'entrée au panthéon de Marc Bloch. Elle aura donc lieu avec son épouse, Simonne Vidal, 20 ans plus tard. On peut regretter cette attente. Etienne Bloch fils aîné Marc et son interlocuteur privilégié, lui-même résistant à Lyon avant de s’engager dans les FFI puis de rejoindre la 2ème Division Blindée était encore de ce monde qu’il n’a quitté que trois ans plus tard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Résistant, historien, rationaliste républicain, critique des mythologies nationales et profondément patriote : Marc Bloch échappe aux catégories trop simples. Grand médiéviste, auteur des &lt;em&gt;Rois thaumaturges&lt;/em&gt; (1924), des &lt;em&gt;Caractères originaux de l'histoire rurale&lt;/em&gt; (1931), de &lt;em&gt;La Société féodale&lt;/em&gt; (1939) et aussi d'une réflexion posthume sur son « métier d'historien », &lt;em&gt;Apologie pour l'histoire&lt;/em&gt;, Marc Bloch a ouvert  l’histoire aux apports de la sociologie et de l’ethnologie dans une démarche interdisciplinaire novatrice. En 1920, il noue amitié avec son collègue historien Lucien Febvre. Leur complicité intellectuelle les conduit à fonder ensemble les &lt;em&gt;Annales d’histoire économique et sociale,&lt;/em&gt; dont le premier numéro paraît en janvier 1929. La revue exercera une influence considérable sur plusieurs générations d’historiens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Républicain convaincu il partageait les idéaux socialistes : il adhéra à la SFIO, sans pour autant se signaler ni par son militantisme ni par ses prises de position publiques. En 1934, il signe avec Lucien Febvre le manifeste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, mais juge le texte indigent. En 1936, il soutient le Front populaire contre la bourgeoisie d’argent, mais critique Blum et les syndicats, et n’aime pas les communistes. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Homme d’action et de responsabilité, Marc Bloch s'est battu en 1914 et s'est réengagé en 1939. En 1940, à chaud, il écrit &lt;em&gt;Témoignage,&lt;/em&gt; qui deviendra &lt;em&gt;L’Étrange Défaite.&lt;/em&gt; Une analyse au scalpel du désastre de 1940 où il montre que le pays a été battu parce qu’il s’était déjà défait à l’intérieur. L’ouvrage paraîtra à titre posthume en 1946. Ce « procès-verbal » implacable se décompose en trois chapitres : « &lt;em&gt;Présentation du témoin&lt;/em&gt; », « &lt;em&gt;La déposition d’un vaincu&lt;/em&gt; » et « &lt;em&gt;Examen de conscience d’un Français&lt;/em&gt; ».&lt;em&gt;« Les défaillances du syndicalisme ouvrier n'ont pas été, dans cette guerre-ci, plus niables que celles des états-majors »&lt;/em&gt;, affirmait-il, déplorant le fait qu'&lt;em&gt;« on n'a pas assez travaillé, dans les fabrications de guerre »&lt;/em&gt;. Il relevait aussi les failles de l'éducation, de l'instruction, de l'esprit de curiosité en général.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après avoir écrit &lt;em&gt;L'Étrange Défaite,&lt;/em&gt; persécuté parce que juif, insoumis parce que patriote, le vieux Sorbonnard est entré en 1943 dans la Résistance. Arrêté en mars 1944 par la Gestapo, torturé à la prison Montluc à Lyon, il a été fusillé le 16 juin 1944, à l'âge de 57 ans.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LA RÉPUBLIQUE&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors qu’il était entré dans la clandestinité en 1943, Marc Bloch écrivit dans « Pourquoi je suis républicain » : « La République est le régime du peuple ». Cette forme de gouvernement conçu dans l’antiquité connait des interprétations variées. Alors qu’il était admis jusqu’au XVIIIe siècle que la République puisse être aussi bien monarchique, aristocratique ou démocratique, pourvu que soit pris en compte le bien commun, la vision française après Rousseau considère qu’une République bien comprise ne peut être qu’une démocratie. C’est ce que deux historiens du droit, Jacques de Saint-Victor, et Thomas Branthôme, dans leur Histoire de la République en France nomment l’« exclusivisme républicain » français. Les auteurs observent qu’à rebours de ce projet, on voit, depuis quelques années, sous l’influence du modèle anglo-saxon, s’installer des conceptions communautaristes de la démocratie. Dans cette évolution, l’idée laïque, par exemple, qui marque si profondément la tradition républicaine française, est subvertie. Il ne s’agit plus, selon eux, de protéger l’État contre les religions mais, à l’inverse de protéger les religions contre l’État.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Formalisée en 1790, la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité » évolua également. Le ternaire s’effaça sous le Consulat et le Premier Empire, dont la devise officielle fut « Liberté, Ordre public ». Le maréchal de Mac‑Mahon, en 1879, instaura brièvement l’« Ordre moral ». En 1940, Philippe Pétain lui substitua la devise « Travail, Famille, Patrie ». Si 83 % des Français, en 2023 se déclarèrent attachés à la devise, 54 % d’entre eux donnaient la priorité à la Liberté, devant l’Égalité (29 %) et la Fraternité (17 %). Mais nombre d’entre eux jugèrent sa mise en œuvre défaillante : la Liberté n’existerait pleinement que pour 54 % d’entre eux, la Fraternité pour 35 % et l’Égalité pour 31 %.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tandis que, depuis le 16 juin, le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome est examiné à l’Assemblée, le juriste Benjamin Morel et le politologue Patrick Weil demandent à ce qu’il soit retiré au nom des valeurs historiques de la France. Ce projet de loi propose de reconnaître des droits particuliers en raison d’une « communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre ». Il crée ainsi, font valoir le juriste et le politologue une hiérarchie entre Français : ceux qui se rattacheront à une communauté corse reconnue, privilégiée, et les autres. Ce serait en rupture radicale et fondamentale avec « les grands principes universalistes qui fondent la République, tout particulièrement le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion énoncé à l’article Ier de la Constitution ». Hiérarchiser les citoyens au regard d’une appartenance culturelle et y attacher des droits différenciés, c’est la définition juridique du racisme, font-ils valoir. La République encore et toujours à l’épreuve de l’histoire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content:encoded><pubDate>Sun, 21 Jun 2026 08:45:00 GMT</pubDate><enclosure url="https://audio.audiomeans.fr/file/hChUDAaLCm/5e89ae91-ffcc-4293-96af-dd7d683dbb8c.mp3?_=1781937663" length="56776245" type="audio/mpeg"/><link>https://podcasts.audiomeans.fr/le-nouvel-esprit-public-d51699fd233b/la-republique-selon-marc-bloch-5e89ae91</link><itunes:summary>Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
 
 Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 juin 2026.
 
 Avec cette semaine :
 
 - Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
 MARC BLOCH
 
 C'est en 2006, il y a donc 20 ans qu'une tribune d'historiens publiée par Le Figaro réclama l'entrée au panthéon de Marc Bloch. Elle aura donc lieu avec son épouse, Simonne Vidal, 20 ans plus tard. On peut regretter cette attente. Etienne Bloch fils aîné Marc et son interlocuteur privilégié, lui-même résistant à Lyon avant de s’engager dans les FFI puis de rejoindre la 2ème Division Blindée était encore de ce monde qu’il n’a quitté que trois ans plus tard.
 Résistant, historien, rationaliste républicain, critique des mythologies nationales et profondément patriote : Marc Bloch échappe aux catégories trop simples. Grand médiéviste, auteur des Rois thaumaturges (1924), des Caractères originaux de l'histoire rurale (1931), de La Société féodale (1939) et aussi d'une réflexion posthume sur son « métier d'historien », Apologie pour l'histoire, Marc Bloch a ouvert l’histoire aux apports de la sociologie et de l’ethnologie dans une démarche interdisciplinaire novatrice. En 1920, il noue amitié avec son collègue historien Lucien Febvre. Leur complicité intellectuelle les conduit à fonder ensemble les Annales d’histoire économique et sociale, dont le premier numéro paraît en janvier 1929. La revue exercera une influence considérable sur plusieurs générations d’historiens.
 Républicain convaincu il partageait les idéaux socialistes : il adhéra à la SFIO, sans pour autant se signaler ni par son militantisme ni par ses prises de position publiques. En 1934, il signe avec Lucien Febvre le manifeste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, mais juge le texte indigent. En 1936, il soutient le Front populaire contre la bourgeoisie d’argent, mais critique Blum et les syndicats, et n’aime pas les communistes. 
 Homme d’action et de responsabilité, Marc Bloch s'est battu en 1914 et s'est réengagé en 1939. En 1940, à chaud, il écrit Témoignage, qui deviendra L’Étrange Défaite. Une analyse au scalpel du désastre de 1940 où il montre que le pays a été battu parce qu’il s’était déjà défait à l’intérieur. L’ouvrage paraîtra à titre posthume en 1946. Ce « procès-verbal » implacable se décompose en trois chapitres : « Présentation du témoin », « La déposition d’un vaincu » et « Examen de conscience d’un Français ». Dans cet ouvrage, l’historien de 53 ans ausculte la société de l’entre-deux-guerres, sa course vers l’abîme, et en appelle à une responsabilité autant individuelle que collective. Il y fustige des stratèges dépassés qui, comme en 1914, lorsqu’ils se référaient aux guerres napoléoniennes, n’ont rien compris à la guerre de mouvement en 1939. Il assemble les pièces d’un puzzle, en historien du contemporain, et procède à la mise en perspective des événements. Pointant notamment la bureaucratie, il n'épargnait personne, ni l'armée, ni les civils, ni la droite, ni la gauche, ni la bourgeoisie, ni ses contempteurs marxistes : « Les défaillances du syndicalisme ouvrier n'ont pas été, dans cette guerre-ci, plus niables que celles des états-majors », affirmait-il, déplorant le fait qu'« on n'a pas assez travaillé, dans les fabrications de guerre ». Il relevait aussi les failles de l'éducation, de l'instruction, de l'esprit de curiosité en général.
 Après avoir écrit L'Étrange Défaite, persécuté parce que juif, insoumis parce que patriote, le vieux Sorbonnard est entré en 1943 dans la Résistance. Arrêté en mars 1944 par la Gestapo, torturé à la prison Montluc à Lyon, il a été fusillé le 16 juin 1944, à l'âge de 57 ans.
 
 LA RÉPUBLIQUE
 Alors qu’il était entré dans la clandestinité en 1943, Marc Bloch écrivit dans « Pourquoi je suis républicain » : « La République est le régime du peuple ». Cette forme de gouvernement conçu dans l’antiquité connait des interprétations variées. Alors qu’il était admis jusqu’au XVIIIe siècle que la République puisse être aussi bien monarchique, aristocratique ou démocratique, pourvu que soit pris en compte le bien commun, la vision française après Rousseau considère qu’une République bien comprise ne peut être qu’une démocratie. C’est ce que deux historiens du droit, Jacques de Saint-Victor, et Thomas Branthôme, dans leur Histoire de la République en France nomment l’« exclusivisme républicain » français. Les auteurs observent qu’à rebours de ce projet, on voit, depuis quelques années, sous l’influence du modèle anglo-saxon, s’installer des conceptions communautaristes de la démocratie. Dans cette évolution, l’idée laïque, par exemple, qui marque si profondément la tradition républicaine française, est subvertie. Il ne s’agit plus, selon eux, de protéger l’État contre les religions mais, à l’inverse de protéger les religions contre l’État.
 Formalisée en 1790, la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité » évolua également. Le ternaire s’effaça sous le Consulat et le Premier Empire, dont la devise officielle fut « Liberté, Ordre public ». Le maréchal de Mac‑Mahon, en 1879, instaura brièvement l’« Ordre moral ». En 1940, Philippe Pétain lui substitua la devise « Travail, Famille, Patrie ». Si 83 % des Français, en 2023 se déclarèrent attachés à la devise, 54 % d’entre eux donnaient la priorité à la Liberté, devant l’Égalité (29 %) et la Fraternité (17 %). Mais nombre d’entre eux jugèrent sa mise en œuvre défaillante : la Liberté n’existerait pleinement que pour 54 % d’entre eux, la Fraternité pour 35 % et l’Égalité pour 31 %.
 Tandis que, depuis le 16 juin, le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome est examiné à l’Assemblée, le juriste Benjamin Morel et le politologue Patrick Weil demandent à ce qu’il soit retiré au nom des valeurs historiques de la France. Ce projet de loi propose de reconnaître des droits particuliers en raison d’une « communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre ». Il crée ainsi, font valoir le juriste et le politologue une hiérarchie entre Français : ceux qui se rattacheront à une communauté corse reconnue, privilégiée, et les autres. Ce serait en rupture radicale et fondamentale avec « les grands principes universalistes qui fondent la République, tout particulièrement le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion énoncé à l’article Ier de la Constitution ». Hiérarchiser les citoyens au regard d’une appartenance culturelle et y attacher des droits différenciés, c’est la définition juridique du racisme, font-ils valoir. La République encore et toujours à l’épreuve de l’histoire.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 MARC BLOCH
 
 C'est en 2006, il y a donc 20 ans qu'une tribune d'historiens publiée par Le Figaro réclama l'entrée au panthéon de Marc Bloch. Elle aura donc lieu avec son épouse, Simonne Vidal, 20 ans plus tard. On peut regretter cette attente. Etienne Bloch fils aîné Marc et son interlocuteur privilégié, lui-même résistant à Lyon avant de s’engager dans les FFI puis de rejoindre la 2ème Division Blindée était encore de ce monde qu’il n’a quitté que trois ans plus tard.
 Résistant, historien, rationaliste républicain, critique des mythologies nationales et profondément patriote : Marc Bloch échappe aux catégories trop simples. Grand médiéviste, auteur des Rois thaumaturges (1924), des Caractères originaux de l'histoire rurale (1931), de La Société féodale (1939) et aussi d'une réflexion posthume sur son « métier d'historien », Apologie pour l'histoire, Marc Bloch a ouvert l’histoire aux apports de la sociologie et de l’ethnologie dans une démarche interdisciplinaire novatrice. En 1920, il noue amitié avec son collègue historien Lucien Febvre. Leur complicité intellectuelle les conduit à fonder ensemble les Annales d’histoire économique et sociale, dont le premier numéro paraît en janvier 1929. La revue exercera une influence considérable sur plusieurs générations d’historiens.
 Républicain convaincu il partageait les idéaux socialistes : il adhéra à la SFIO, sans pour autant se signaler ni par son militantisme ni par ses prises de position publiques. En 1934, il signe avec Lucien Febvre le manifeste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, mais juge le texte indigent. En 1936, il soutient le Front populaire contre la bourgeoisie d’argent, mais critique Blum et les syndicats, et n’aime pas les communistes. 
 Homme d’action et de responsabilité, Marc Bloch s'est battu en 1914 et s'est réengagé en 1939. En 1940, à chaud, il écrit Témoignage, qui deviendra L’Étrange Défaite. Une analyse au scalpel du désastre de 1940 où il montre que le pays a été battu parce qu’il s’était déjà défait à l’intérieur. L’ouvrage paraîtra à titre posthume en 1946. Ce « procès-verbal » implacable se décompose en trois chapitres : « Présentation du témoin », « La déposition d’un vaincu » et « Examen de conscience d’un Français ». Dans cet ouvrage, l’historien de 53 ans ausculte la société de l’entre-deux-guerres, sa course vers l’abîme, et en appelle à une responsabilité autant individuelle que collective. Il y fustige des stratèges dépassés qui, comme en 1914, lorsqu’ils se référaient aux guerres napoléoniennes, n’ont rien compris à la guerre de mouvement en 1939. Il assemble les pièces d’un puzzle, en historien du contemporain, et procède à la mise en perspective des événements. Pointant notamment la bureaucratie, il n'épargnait personne, ni l'armée, ni les civils, ni la droite, ni la gauche, ni la bourgeoisie, ni ses contempteurs marxistes : « Les défaillances du syndicalisme ouvrier n'ont pas été, dans cette guerre-ci, plus niables que celles des états-majors », affirmait-il, déplorant le fait qu'« on n'a pas assez travaillé, dans les fabrications de guerre ». Il relevait aussi les failles de l'éducation, de l'instruction, de l'esprit de curiosité en général.
 Après avoir écrit L'Étrange Défaite, persécuté parce que juif, insoumis parce que patriote, le vieux Sorbonnard est entré en 1943 dans la Résistance. Arrêté en mars 1944 par la Gestapo, torturé à la prison Montluc à Lyon, il a été fusillé le 16 juin 1944, à l'âge de 57 ans.
 
 LA RÉPUBLIQUE
 Alors qu’il était entré dans la clandestinité en 1943, Marc Bloch écrivit dans « Pourquoi je suis républicain » : « La République est le régime du peuple ». Cette forme de gouvernement conçu dans l’antiquité connait des interprétations variées. Alors qu’il était admis jusqu’au XVIIIe siècle que la République puisse être aussi bien monarchique, aristocratique ou démocratique, pourvu que soit pris en compte le bien commun, la vision française après Rousseau considère qu’une République bien comprise ne peut être qu’une démocratie. C’est ce que deux historiens du droit, Jacques de Saint-Victor, et Thomas Branthôme, dans leur Histoire de la République en France nomment l’« exclusivisme républicain » français. Les auteurs observent qu’à rebours de ce projet, on voit, depuis quelques années, sous l’influence du modèle anglo-saxon, s’installer des conceptions communautaristes de la démocratie. Dans cette évolution, l’idée laïque, par exemple, qui marque si profondément la tradition républicaine française, est subvertie. Il ne s’agit plus, selon eux, de protéger l’État contre les religions mais, à l’inverse de protéger les religions contre l’État.
 Formalisée en 1790, la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité » évolua également. Le ternaire s’effaça sous le Consulat et le Premier Empire, dont la devise officielle fut « Liberté, Ordre public ». Le maréchal de Mac‑Mahon, en 1879, instaura brièvement l’« Ordre moral ». En 1940, Philippe Pétain lui substitua la devise « Travail, Famille, Patrie ». Si 83 % des Français, en 2023 se déclarèrent attachés à la devise, 54 % d’entre eux donnaient la priorité à la Liberté, devant l’Égalité (29 %) et la Fraternité (17 %). Mais nombre d’entre eux jugèrent sa mise en œuvre défaillante : la Liberté n’existerait pleinement que pour 54 % d’entre eux, la Fraternité pour 35 % et l’Égalité pour 31 %.
 Tandis que, depuis le 16 juin, le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome est examiné à l’Assemblée, le juriste Benjamin Morel et le politologue Patrick Weil demandent à ce qu’il soit retiré au nom des valeurs historiques de la France. Ce projet de loi propose de reconnaître des droits particuliers en raison d’une « communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre ». Il crée ainsi, font valoir le juriste et le politologue une hiérarchie entre Français : ceux qui se rattacheront à une communauté corse reconnue, privilégiée, et les autres. Ce serait en rupture radicale et fondamentale avec « les grands principes universalistes qui fondent la République, tout particulièrement le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion énoncé à l’article Ier de la Constitution ». Hiérarchiser les citoyens au regard d’une appartenance culturelle et y attacher des droits différenciés, c’est la définition juridique du racisme, font-ils valoir. La République encore et toujours à l’épreuve de l’histoire.
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 Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025.
 
 1 : Dans ce premier épisode de leur conversation dédiée aux passages parisiens, Patrice de Moncan et Philippe Meyer s'intéressent aux 16 passages encore passants de la capitale, et à leurs origines à l'extrême fin de l'Ancien Régime. Ils rappellent notamment que c'est bien en France et à Paris que les passages sont apparus pour la première fois, avant de se diffuser dans le reste de l'Europe à la chute de l'empire napoléonien, notamment au Royaume-Uni, où se trouvent encore aujourd'hui le plus grand nombre de passages. S'ils commencent par le coeur des passages les plus anciens, c'est-à-dire le Palais royal, ils s'intéressent aussi aux moins connus, comme le passage des Princes, ouvert en grande pompe par l'entrepreneur Jules Mirès au côté de l'empereur, un mois avant son arrestation.
 
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025.
 
 1 : Dans ce premier épisode de leur conversation dédiée aux passages parisiens, Patrice de Moncan et Philippe Meyer s'intéressent aux 16 passages encore passants de la capitale, et à leurs origines à l'extrême fin de l'Ancien Régime. Ils rappellent notamment que c'est bien en France et à Paris que les passages sont apparus pour la première fois, avant de se diffuser dans le reste de l'Europe à la chute de l'empire napoléonien, notamment au Royaume-Uni, où se trouvent encore aujourd'hui le plus grand nombre de passages. S'ils commencent par le coeur des passages les plus anciens, c'est-à-dire le Palais royal, ils s'intéressent aussi aux moins connus, comme le passage des Princes, ouvert en grande pompe par l'entrepreneur Jules Mirès au côté de l'empereur, un mois avant son arrestation.
 
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La France de 2026 n'est plus celle de 1958. La société a changé dans sa composition, dans la place qu'y occupent les femmes, dans son niveau d'éducation, dans ses structures familiales, dans son rapport au travail comme à l'autorité. Le slogan « on est chez nous », traditionnellement associé au Rassemblement national, a été repris par la foule nombreuse des militants et sympathisants LFI pour signifier non l'exclusion, mais l'appartenance commune à la République.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le rassemblement de Saint-Denis a montré un visage plus maîtrisé du leader insoumis, préférant la démonstration intellectuelle à la polémique permanente, le récit politique à l'invective. Jean-Luc Mélenchon s’est posé en un rassembleur apaisé, et leader à gauche. Sourire, discours resserré, dérapages évités, remisant ses provocations pour renfiler son costume de républicain, le candidat des insoumis à la présidentielle s’est contenté de lire son discours et d’égrener ses fondamentaux politiques : &lt;em&gt;« smic à 1.700 euros »&lt;/em&gt; (soit 15&amp;nbsp;% de plus qu’actuellement), retraite à 60&amp;nbsp;ans, Sécurité sociale gérée par ses cotisants, règle du &lt;em&gt;« chacun selon ses besoins&amp;nbsp;».&lt;/em&gt; Promettant de déclencher une &lt;em&gt;«&amp;nbsp;révolution citoyenne&amp;nbsp;»,&lt;/em&gt; de confier le pouvoir au peuple, de restreindre la propriété privée, de taxer les riches pour une meilleure répartition des richesses &lt;em&gt;«&amp;nbsp;entre le capital et le travail&lt;/em&gt; », il vise à mettre en œuvre un &lt;em&gt;« projet &amp;nbsp;&lt;/em&gt;qu’il définit lui-même comme&lt;em&gt; collectiviste&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. S’il est élu, la France quittera l’Otan, recherchera un accord avec la Russie et s’affranchira des règles européennes si elles l’entravent&amp;nbsp;: &lt;em&gt;« Nous décréterons un moratoire sur toutes les directives contraires aux mandats que nous aurons donnés notre peuple&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, a-t-il annoncé. Plutôt que de sortir de l’Union européenne, il propose &lt;em&gt;«&amp;nbsp;une Europe débarrassée du libéralisme »&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Se posant en seul pôle politique clair à gauche, écrasant les socialistes et les verts, qui s'enferrent dans des débats internes illisibles, l'insoumis se place comme la seule alternative au RN. Agé de 74 ans, le tribun, bien que rejeté par 69 % de l'opinion (selon le baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale), voit sa popularité grandir au sein de l'électorat de gauche, avec 49 % d'adhésion. Toutefois, si 58&amp;nbsp;% des 18-24&amp;nbsp;ans ont une opinion favorable de Mélenchon, le chiffre chute à 14&amp;nbsp;% pour les 50-64&amp;nbsp;ans.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FORUM DE SAINT-PÉTERSBOURG ET ISOLEMENT DE LA RUSSIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le 3 juin, à l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir&amp;nbsp;Poutine, des drones ukrainiens ont frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les quelque 200 invités de 130 pays ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. L’ancien colonel du SVR (les services de renseignements extérieurs), Andreï Bezroukov a vu dans cette attaque un motif de poursuite de l'affrontement. Selon lui, « &lt;em&gt;la Russie restera en état de guerre, et nous devons apprendre à vivre avec&lt;/em&gt; &lt;em&gt;pour au moins deux décennies, et cela va façonner deux générations&lt;/em&gt; ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le rendez-vous pétersbourgeois, lancé en 1997&amp;nbsp;est devenu «&amp;nbsp;international&amp;nbsp;» en 2007. Considéré autrefois comme le «&amp;nbsp;Davos russe&amp;nbsp;», il a changé de visage depuis l’invasion de l’Ukraine. Cette édition a donné la place d’honneur aux Chinois et aux Saoudiens. Il a reçu une délégation économique nord-coréenne, des représentants talibans et quelques figures occidentales. La présence, pour la première fois depuis 2022, d'une délégation allemande et d'élus du parti d'extrême droite de l'AfD a été remarquée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, à une inflation élevée, à des coûts d'emprunt prohibitifs et à des pénuries de main-d’œuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles. C’est la première baisse trimestrielle en trois ans. L'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 - soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. Toutefois, la Russie dispose de certains atouts. C’est l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16% du PIB) et il dispose d’un fonds souverain d’environ 156&amp;nbsp;milliards d’euros. Ses exportations d’hydrocarbures connaissent une hausse conséquente depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Affecté par une popularité en berne et des pertes lourdes sur le front, Vladimir Poutine &amp;nbsp;a minimisé, le 5&amp;nbsp;juin, les difficultés économiques auxquelles fait face son pays, préférant vanter sa &lt;em&gt;«&amp;nbsp;souveraineté »&lt;/em&gt; et ses partenariats avec les pays du Sud. Il a rejeté, l'idée d'une rencontre en tête-à-tête proposée la veille par son homologue ukrainien dans une lettre ouverte, tant qu'un accord final n'aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le forum de Saint-Pétersbourg s’est terminé le 6 juin comme il avait commencé : sous une salve d’attaques de drones ukrainiens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</description><content:encoded>&lt;div class="description" morss_own_score="2.954844778927564" morss_score="60.954844778927566"&gt;&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 12 juin 2026.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec cette semaine :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA CAMPAGNE DE JEAN-LUC MÉLENCHON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jean-Luc Mélenchon a choisi, le 7 juin, Saint-Denis pour donner le coup d'envoi de sa quatrième candidature à l'élection présidentielle, entre la basilique cathédrale où furent sacrés quelques-uns des premiers souverains du royaume, et en face de l'hôtel de ville conquis par le candidat LFI, Bally Bagayoko, dès le premier tour des élections municipales il y a trois mois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jadis universaliste et jacobin, Jean-Luc Mélenchon a approfondi une mue politique engagée depuis plusieurs années : faire de la « Nouvelle France » le cœur de son projet et de sa coalition électorale. La France de 2026 n'est plus celle de 1958. La société a changé dans sa composition, dans la place qu'y occupent les femmes, dans son niveau d'éducation, dans ses structures familiales, dans son rapport au travail comme à l'autorité. Le slogan « on est chez nous », traditionnellement associé au Rassemblement national, a été repris par la foule nombreuse des militants et sympathisants LFI pour signifier non l'exclusion, mais l'appartenance commune à la République.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le rassemblement de Saint-Denis a montré un visage plus maîtrisé du leader insoumis, préférant la démonstration intellectuelle à la polémique permanente, le récit politique à l'invective. Jean-Luc Mélenchon s’est posé en un rassembleur apaisé, et leader à gauche. Sourire, discours resserré, dérapages évités, remisant ses provocations pour renfiler son costume de républicain, le candidat des insoumis à la présidentielle s’est contenté de lire son discours et d’égrener ses fondamentaux politiques : &lt;em&gt;« smic à 1.700 euros »&lt;/em&gt; (soit 15 % de plus qu’actuellement), retraite à 60 ans, Sécurité sociale gérée par ses cotisants, règle du &lt;em&gt;« chacun selon ses besoins ».&lt;/em&gt; Promettant de déclencher une &lt;em&gt;« révolution citoyenne »,&lt;/em&gt; de confier le pouvoir au peuple, de restreindre la propriété privée, de taxer les riches pour une meilleure répartition des richesses &lt;em&gt;« entre le capital et le travail&lt;/em&gt; », il vise à mettre en œuvre un &lt;em&gt;« projet  &lt;/em&gt;qu’il définit lui-même comme&lt;em&gt; collectiviste »&lt;/em&gt;. S’il est élu, la France quittera l’Otan, recherchera un accord avec la Russie et s’affranchira des règles européennes si elles l’entravent : &lt;em&gt;« Nous décréterons un moratoire sur toutes les directives contraires aux mandats que nous aurons donnés notre peuple »&lt;/em&gt;, a-t-il annoncé. Plutôt que de sortir de l’Union européenne, il propose &lt;em&gt;« une Europe débarrassée du libéralisme »&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Se posant en seul pôle politique clair à gauche, écrasant les socialistes et les verts, qui s'enferrent dans des débats internes illisibles, l'insoumis se place comme la seule alternative au RN. Agé de 74 ans, le tribun, bien que rejeté par 69 % de l'opinion (selon le baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale), voit sa popularité grandir au sein de l'électorat de gauche, avec 49 % d'adhésion. Toutefois, si 58 % des 18-24 ans ont une opinion favorable de Mélenchon, le chiffre chute à 14 % pour les 50-64 ans.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FORUM DE SAINT-PÉTERSBOURG ET ISOLEMENT DE LA RUSSIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le 3 juin, à l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine, des drones ukrainiens ont frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les quelque 200 invités de 130 pays ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. L’ancien colonel du SVR (les services de renseignements extérieurs), Andreï Bezroukov a vu dans cette attaque un motif de poursuite de l'affrontement. Selon lui, « &lt;em&gt;la Russie restera en état de guerre, et nous devons apprendre à vivre avec&lt;/em&gt; &lt;em&gt;pour au moins deux décennies, et cela va façonner deux générations&lt;/em&gt; ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le rendez-vous pétersbourgeois, lancé en 1997 est devenu « international » en 2007. Considéré autrefois comme le « Davos russe », il a changé de visage depuis l’invasion de l’Ukraine. Cette édition a donné la place d’honneur aux Chinois et aux Saoudiens. Il a reçu une délégation économique nord-coréenne, des représentants talibans et quelques figures occidentales. La présence, pour la première fois depuis 2022, d'une délégation allemande et d'élus du parti d'extrême droite de l'AfD a été remarquée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, à une inflation élevée, à des coûts d'emprunt prohibitifs et à des pénuries de main-d’œuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles. C’est la première baisse trimestrielle en trois ans. L'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 - soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. Toutefois, la Russie dispose de certains atouts. C’est l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16% du PIB) et il dispose d’un fonds souverain d’environ 156 milliards d’euros. Ses exportations d’hydrocarbures connaissent une hausse conséquente depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Affecté par une popularité en berne et des pertes lourdes sur le front, Vladimir Poutine  a minimisé, le 5 juin, les difficultés économiques auxquelles fait face son pays, préférant vanter sa &lt;em&gt;« souveraineté »&lt;/em&gt; et ses partenariats avec les pays du Sud. Il a rejeté, l'idée d'une rencontre en tête-à-tête proposée la veille par son homologue ukrainien dans une lettre ouverte, tant qu'un accord final n'aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le forum de Saint-Pétersbourg s’est terminé le 6 juin comme il avait commencé : sous une salve d’attaques de drones ukrainiens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content:encoded><pubDate>Sun, 14 Jun 2026 08:45:00 GMT</pubDate><enclosure url="https://audio.audiomeans.fr/file/hChUDAaLCm/ef08bbb1-f57d-4b23-8bcf-97cfdd9aa2f4.mp3?_=1781245130" length="57387719" type="audio/mpeg"/><link>https://podcasts.audiomeans.fr/le-nouvel-esprit-public-d51699fd233b/la-campagne-de-jean-luc-melenchon-forum-de-saint-petersbourg-et-isolement-de-la-russie-ef08bbb1</link><itunes:summary>Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
 
 Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 12 juin 2026.
 
 Avec cette semaine :
 
 - François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France.- Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
 LA CAMPAGNE DE JEAN-LUC MÉLENCHON
 
 Jean-Luc Mélenchon a choisi, le 7 juin, Saint-Denis pour donner le coup d'envoi de sa quatrième candidature à l'élection présidentielle, entre la basilique cathédrale où furent sacrés quelques-uns des premiers souverains du royaume, et en face de l'hôtel de ville conquis par le candidat LFI, Bally Bagayoko, dès le premier tour des élections municipales il y a trois mois.
 Jadis universaliste et jacobin, Jean-Luc Mélenchon a approfondi une mue politique engagée depuis plusieurs années : faire de la « Nouvelle France » le cœur de son projet et de sa coalition électorale. La France de 2026 n'est plus celle de 1958. La société a changé dans sa composition, dans la place qu'y occupent les femmes, dans son niveau d'éducation, dans ses structures familiales, dans son rapport au travail comme à l'autorité. Le slogan « on est chez nous », traditionnellement associé au Rassemblement national, a été repris par la foule nombreuse des militants et sympathisants LFI pour signifier non l'exclusion, mais l'appartenance commune à la République.
 Le rassemblement de Saint-Denis a montré un visage plus maîtrisé du leader insoumis, préférant la démonstration intellectuelle à la polémique permanente, le récit politique à l'invective. Jean-Luc Mélenchon s’est posé en un rassembleur apaisé, et leader à gauche. Sourire, discours resserré, dérapages évités, remisant ses provocations pour renfiler son costume de républicain, le candidat des insoumis à la présidentielle s’est contenté de lire son discours et d’égrener ses fondamentaux politiques : « smic à 1.700 euros » (soit 15 % de plus qu’actuellement), retraite à 60 ans, Sécurité sociale gérée par ses cotisants, règle du « chacun selon ses besoins ». Promettant de déclencher une « révolution citoyenne », de confier le pouvoir au peuple, de restreindre la propriété privée, de taxer les riches pour une meilleure répartition des richesses « entre le capital et le travail », il vise à mettre en œuvre un « projet qu’il définit lui-même comme collectiviste ». S’il est élu, la France quittera l’Otan, recherchera un accord avec la Russie et s’affranchira des règles européennes si elles l’entravent : « Nous décréterons un moratoire sur toutes les directives contraires aux mandats que nous aurons donnés notre peuple », a-t-il annoncé. Plutôt que de sortir de l’Union européenne, il propose « une Europe débarrassée du libéralisme ».
 Se posant en seul pôle politique clair à gauche, écrasant les socialistes et les verts, qui s'enferrent dans des débats internes illisibles, l'insoumis se place comme la seule alternative au RN. Agé de 74 ans, le tribun, bien que rejeté par 69 % de l'opinion (selon le baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale), voit sa popularité grandir au sein de l'électorat de gauche, avec 49 % d'adhésion. Toutefois, si 58 % des 18-24 ans ont une opinion favorable de Mélenchon, le chiffre chute à 14 % pour les 50-64 ans.
 
 FORUM DE SAINT-PÉTERSBOURG ET ISOLEMENT DE LA RUSSIE
 
 Le 3 juin, à l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine, des drones ukrainiens ont frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les quelque 200 invités de 130 pays ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. L’ancien colonel du SVR (les services de renseignements extérieurs), Andreï Bezroukov a vu dans cette attaque un motif de poursuite de l'affrontement. Selon lui, « la Russie restera en état de guerre, et nous devons apprendre à vivre avec pour au moins deux décennies, et cela va façonner deux générations ».
 Le rendez-vous pétersbourgeois, lancé en 1997 est devenu « international » en 2007. Considéré autrefois comme le « Davos russe », il a changé de visage depuis l’invasion de l’Ukraine. Cette édition a donné la place d’honneur aux Chinois et aux Saoudiens. Il a reçu une délégation économique nord-coréenne, des représentants talibans et quelques figures occidentales. La présence, pour la première fois depuis 2022, d'une délégation allemande et d'élus du parti d'extrême droite de l'AfD a été remarquée.
 Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, à une inflation élevée, à des coûts d'emprunt prohibitifs et à des pénuries de main-d’œuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles. C’est la première baisse trimestrielle en trois ans. L'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 - soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. Toutefois, la Russie dispose de certains atouts. C’est l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16% du PIB) et il dispose d’un fonds souverain d’environ 156 milliards d’euros. Ses exportations d’hydrocarbures connaissent une hausse conséquente depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques.
 Affecté par une popularité en berne et des pertes lourdes sur le front, Vladimir Poutine a minimisé, le 5 juin, les difficultés économiques auxquelles fait face son pays, préférant vanter sa « souveraineté » et ses partenariats avec les pays du Sud. Il a rejeté, l'idée d'une rencontre en tête-à-tête proposée la veille par son homologue ukrainien dans une lettre ouverte, tant qu'un accord final n'aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
 Le forum de Saint-Pétersbourg s’est terminé le 6 juin comme il avait commencé : sous une salve d’attaques de drones ukrainiens.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 12 juin 2026.
 
 Avec cette semaine :
 
 - François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France.- Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
 LA CAMPAGNE DE JEAN-LUC MÉLENCHON
 
 Jean-Luc Mélenchon a choisi, le 7 juin, Saint-Denis pour donner le coup d'envoi de sa quatrième candidature à l'élection présidentielle, entre la basilique cathédrale où furent sacrés quelques-uns des premiers souverains du royaume, et en face de l'hôtel de ville conquis par le candidat LFI, Bally Bagayoko, dès le premier tour des élections municipales il y a trois mois.
 Jadis universaliste et jacobin, Jean-Luc Mélenchon a approfondi une mue politique engagée depuis plusieurs années : faire de la « Nouvelle France » le cœur de son projet et de sa coalition électorale. La France de 2026 n'est plus celle de 1958. La société a changé dans sa composition, dans la place qu'y occupent les femmes, dans son niveau d'éducation, dans ses structures familiales, dans son rapport au travail comme à l'autorité. Le slogan « on est chez nous », traditionnellement associé au Rassemblement national, a été repris par la foule nombreuse des militants et sympathisants LFI pour signifier non l'exclusion, mais l'appartenance commune à la République.
 Le rassemblement de Saint-Denis a montré un visage plus maîtrisé du leader insoumis, préférant la démonstration intellectuelle à la polémique permanente, le récit politique à l'invective. Jean-Luc Mélenchon s’est posé en un rassembleur apaisé, et leader à gauche. Sourire, discours resserré, dérapages évités, remisant ses provocations pour renfiler son costume de républicain, le candidat des insoumis à la présidentielle s’est contenté de lire son discours et d’égrener ses fondamentaux politiques : « smic à 1.700 euros » (soit 15 % de plus qu’actuellement), retraite à 60 ans, Sécurité sociale gérée par ses cotisants, règle du « chacun selon ses besoins ». Promettant de déclencher une « révolution citoyenne », de confier le pouvoir au peuple, de restreindre la propriété privée, de taxer les riches pour une meilleure répartition des richesses « entre le capital et le travail », il vise à mettre en œuvre un « projet qu’il définit lui-même comme collectiviste ». S’il est élu, la France quittera l’Otan, recherchera un accord avec la Russie et s’affranchira des règles européennes si elles l’entravent : « Nous décréterons un moratoire sur toutes les directives contraires aux mandats que nous aurons donnés notre peuple », a-t-il annoncé. Plutôt que de sortir de l’Union européenne, il propose « une Europe débarrassée du libéralisme ».
 Se posant en seul pôle politique clair à gauche, écrasant les socialistes et les verts, qui s'enferrent dans des débats internes illisibles, l'insoumis se place comme la seule alternative au RN. Agé de 74 ans, le tribun, bien que rejeté par 69 % de l'opinion (selon le baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale), voit sa popularité grandir au sein de l'électorat de gauche, avec 49 % d'adhésion. Toutefois, si 58 % des 18-24 ans ont une opinion favorable de Mélenchon, le chiffre chute à 14 % pour les 50-64 ans.
 
 FORUM DE SAINT-PÉTERSBOURG ET ISOLEMENT DE LA RUSSIE
 
 Le 3 juin, à l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine, des drones ukrainiens ont frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les quelque 200 invités de 130 pays ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. L’ancien colonel du SVR (les services de renseignements extérieurs), Andreï Bezroukov a vu dans cette attaque un motif de poursuite de l'affrontement. Selon lui, « la Russie restera en état de guerre, et nous devons apprendre à vivre avec pour au moins deux décennies, et cela va façonner deux générations ».
 Le rendez-vous pétersbourgeois, lancé en 1997 est devenu « international » en 2007. Considéré autrefois comme le « Davos russe », il a changé de visage depuis l’invasion de l’Ukraine. Cette édition a donné la place d’honneur aux Chinois et aux Saoudiens. Il a reçu une délégation économique nord-coréenne, des représentants talibans et quelques figures occidentales. La présence, pour la première fois depuis 2022, d'une délégation allemande et d'élus du parti d'extrême droite de l'AfD a été remarquée.
 Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, à une inflation élevée, à des coûts d'emprunt prohibitifs et à des pénuries de main-d’œuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles. C’est la première baisse trimestrielle en trois ans. L'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 - soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. Toutefois, la Russie dispose de certains atouts. C’est l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16% du PIB) et il dispose d’un fonds souverain d’environ 156 milliards d’euros. Ses exportations d’hydrocarbures connaissent une hausse conséquente depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques.
 Affecté par une popularité en berne et des pertes lourdes sur le front, Vladimir Poutine a minimisé, le 5 juin, les difficultés économiques auxquelles fait face son pays, préférant vanter sa « souveraineté » et ses partenariats avec les pays du Sud. Il a rejeté, l'idée d'une rencontre en tête-à-tête proposée la veille par son homologue ukrainien dans une lettre ouverte, tant qu'un accord final n'aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
 Le forum de Saint-Pétersbourg s’est terminé le 6 juin comme il avait commencé : sous une salve d’attaques de drones ukrainiens.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 Une émission de Philippe Meyer, enregistr...</itunes:subtitle><itunes:block>no</itunes:block><itunes:episodeType>full</itunes:episodeType><itunes:duration>59:46</itunes:duration><itunes:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><googleplay:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><podcast:txt purpose="smartlink">https://audmns.com/GrlWoRO</podcast:txt><itunes:episode>491</itunes:episode><itunes:keywords>Actualité,Actualité internationale,Politique,Société,Philippe Meyer,Culture</itunes:keywords></item><item><title>Bada : les questions du public (Choose France et dépendance à l’IA américaine)</title><guid isPermaLink="false">12efa81c-821c-45c1-8045-2a6e375bd968</guid><description>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 7 juin 2026.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec cette semaine :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Nicolas Baverez, essayiste et avocat.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue &lt;em&gt;Esprit&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</description><content:encoded>&lt;div class="description" morss_own_score="2.622047244094488" morss_score="18.12204724409449"&gt;&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 7 juin 2026.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec cette semaine :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Nicolas Baverez, essayiste et avocat.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue &lt;em&gt;Esprit&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content:encoded><pubDate>Wed, 10 Jun 2026 08:45:00 GMT</pubDate><enclosure url="https://audio.audiomeans.fr/file/hChUDAaLCm/12efa81c-821c-45c1-8045-2a6e375bd968.mp3?_=1780984020" length="18153481" type="audio/mpeg"/><link>https://podcasts.audiomeans.fr/le-nouvel-esprit-public-d51699fd233b/bada-les-questions-du-public-choose-france-et-dependance-a-lia-americaine-12efa81c</link><itunes:summary>Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
 
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 Avec cette semaine :
 
 - Nicolas Baverez, essayiste et avocat.- Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.- Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 - Nicolas Baverez, essayiste et avocat.- Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.- Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 7 : Dans ce dernier épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer concluent leur série d’entretiens par la reconstitution des rapports entre pouvoir et musique après la Seconde Guerre mondiale. Ils décrivent le rôle essentiel de la radio publique, et l’émergence progressive d’une administration dédiée à la musique. Ils s’attardent sur la querelle entre Pierre Boulez et Michel Landowski, qui révèle deux conceptions musicales et politiques très différentes, alors que les liens entre le pouvoir et la musique se nouent plus étroitement. Peu après, l’implication personnelle des présidents de la Ve République dans la promotion des œuvres de Pierre Boulez sera le symbole que la relation entre le pouvoir et la musique était encore très vivace à la fin du siècle dernier. 
 
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 7 : Dans ce dernier épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer concluent leur série d’entretiens par la reconstitution des rapports entre pouvoir et musique après la Seconde Guerre mondiale. Ils décrivent le rôle essentiel de la radio publique, et l’émergence progressive d’une administration dédiée à la musique. Ils s’attardent sur la querelle entre Pierre Boulez et Michel Landowski, qui révèle deux conceptions musicales et politiques très différentes, alors que les liens entre le pouvoir et la musique se nouent plus étroitement. Peu après, l’implication personnelle des présidents de la Ve République dans la promotion des œuvres de Pierre Boulez sera le symbole que la relation entre le pouvoir et la musique était encore très vivace à la fin du siècle dernier. 
 
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Un texte de plus de 100 pages, dans lequel il développe une réflexion sur la révolution de l'intelligence artificielle (IA), et ses conséquences sur la dignité humaine. Au Vatican, le pape américain a choisi de présenter lui-même - fait inédit - ce document d'Église qui lance un appel à encadrer et réguler les algorithmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le pape y rappelle que la technologie «&amp;nbsp;&lt;em&gt;n'est pas en soi un mal&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» mais qu'elle «&amp;nbsp;&lt;em&gt;prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l'utilisent&amp;nbsp;&lt;/em&gt;». Comme l'IA ne peut «&amp;nbsp;&lt;em&gt;être considérée comme moralement neutre&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», il convient de la «&amp;nbsp;&lt;em&gt;désarmer&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» pour «&amp;nbsp;&lt;em&gt;l'empêcher de dominer l'humain&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», assure le pape augustinien. Rappelant certaines «&amp;nbsp;&lt;em&gt;utilisations manifestement inhumaines&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» comme la manipulation de l'information ou la violation de la vie privée, le pape insiste sur la nécessité d'un code éthique commun sur l'IA ainsi que sur le rôle crucial de l'éducation pour apprendre à en maîtriser les risques. Il va jusqu'à dénoncer «&amp;nbsp;&lt;em&gt;les nouvelles formes d'esclavage&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», nées des besoins d'extraction de ressources nécessaires à l'utilisation de l’IA, comme les microprocesseurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur le plan économique, &lt;em&gt;Magnifica Humanitas&lt;/em&gt; s'alarme des transformations profondes du monde du travail. L'encyclique dénonce le risque d'une automatisation de masse qui détruirait des millions d'emplois sans offrir de filets de protection sociale adéquats. Le pape américain s'en prend à l'impact éthique et écologique de l'intelligence artificielle, réclamant des solutions techniques plus durables.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;« Désarmer »&lt;/em&gt; l’intelligence artificielle ne signifie toutefois pas de renoncer à la technologie, mais de l’empêcher de dominer l’humain. Cela passe moins par des choix techniques que par la soumission de l’utilisation des données et des technologies à &lt;em&gt;« un contrôle public » &lt;/em&gt;et l’affirmation du &lt;em&gt;« rôle irremplaçable de la personne »&lt;/em&gt;. Léon&amp;nbsp;XIV prend également position dans un domaine où l’intelligence artificielle fait peser un autre risque de déshumanisation, celui de la guerre. C’est précisément parce que le monde s’engage dans une spirale mortifère banalisant&amp;nbsp;une &lt;em&gt;« culture violente de la puissance »&lt;/em&gt; que l’intelligence artificielle doit, selon le pape, faire l’objet d’une régulation&amp;nbsp;internationale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le constat du pontife est sombre et sa critique, sévère. Il demande une pause, pour recadrer, s’il est encore temps, la vitesse astronomique de l’intelligence artificielle. Deux images bibliques encadrent tout le texte : la tour de Babel, symbole d’une technique coupée de Dieu, et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie, figure d’un travail patient ordonné au bien commun.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. 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Un texte de plus de 100 pages, dans lequel il développe une réflexion sur la révolution de l'intelligence artificielle (IA), et ses conséquences sur la dignité humaine. Au Vatican, le pape américain a choisi de présenter lui-même - fait inédit - ce document d'Église qui lance un appel à encadrer et réguler les algorithmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le pape y rappelle que la technologie «&amp;nbsp;&lt;em&gt;n'est pas en soi un mal&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» mais qu'elle «&amp;nbsp;&lt;em&gt;prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l'utilisent&amp;nbsp;&lt;/em&gt;». Comme l'IA ne peut «&amp;nbsp;&lt;em&gt;être considérée comme moralement neutre&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», il convient de la «&amp;nbsp;&lt;em&gt;désarmer&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» pour «&amp;nbsp;&lt;em&gt;l'empêcher de dominer l'humain&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», assure le pape augustinien. Rappelant certaines «&amp;nbsp;&lt;em&gt;utilisations manifestement inhumaines&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» comme la manipulation de l'information ou la violation de la vie privée, le pape insiste sur la nécessité d'un code éthique commun sur l'IA ainsi que sur le rôle crucial de l'éducation pour apprendre à en maîtriser les risques. Il va jusqu'à dénoncer «&amp;nbsp;&lt;em&gt;les nouvelles formes d'esclavage&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», nées des besoins d'extraction de ressources nécessaires à l'utilisation de l’IA, comme les microprocesseurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur le plan économique, &lt;em&gt;Magnifica Humanitas&lt;/em&gt; s'alarme des transformations profondes du monde du travail. L'encyclique dénonce le risque d'une automatisation de masse qui détruirait des millions d'emplois sans offrir de filets de protection sociale adéquats. Le pape américain s'en prend à l'impact éthique et écologique de l'intelligence artificielle, réclamant des solutions techniques plus durables.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;« Désarmer »&lt;/em&gt; l’intelligence artificielle ne signifie toutefois pas de renoncer à la technologie, mais de l’empêcher de dominer l’humain. Cela passe moins par des choix techniques que par la soumission de l’utilisation des données et des technologies à &lt;em&gt;« un contrôle public » &lt;/em&gt;et l’affirmation du &lt;em&gt;« rôle irremplaçable de la personne »&lt;/em&gt;. Léon&amp;nbsp;XIV prend également position dans un domaine où l’intelligence artificielle fait peser un autre risque de déshumanisation, celui de la guerre. C’est précisément parce que le monde s’engage dans une spirale mortifère banalisant&amp;nbsp;une &lt;em&gt;« culture violente de la puissance »&lt;/em&gt; que l’intelligence artificielle doit, selon le pape, faire l’objet d’une régulation&amp;nbsp;internationale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le constat du pontife est sombre et sa critique, sévère. Il demande une pause, pour recadrer, s’il est encore temps, la vitesse astronomique de l’intelligence artificielle. Deux images bibliques encadrent tout le texte : la tour de Babel, symbole d’une technique coupée de Dieu, et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie, figure d’un travail patient ordonné au bien commun.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</content:encoded><pubDate>Sun, 31 May 2026 08:45:00 GMT</pubDate><enclosure url="https://audio.audiomeans.fr/file/hChUDAaLCm/30df88d8-7f5b-443f-bfca-23952f5ff12e.mp3?_=1779989479" length="57967847" type="audio/mpeg"/><link/><itunes:summary>Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
 
 Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
 
 Avec cette semaine :
 
 - Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
 
 L’ENCYCLIQUE DU PAPE
 
 C’est le lundi de Pentecôte que le pape Léon XIV a publié sa première encyclique, Magnifica humanitas (magnifique humanité). Un texte de plus de 100 pages, dans lequel il développe une réflexion sur la révolution de l'intelligence artificielle (IA), et ses conséquences sur la dignité humaine. Au Vatican, le pape américain a choisi de présenter lui-même - fait inédit - ce document d'Église qui lance un appel à encadrer et réguler les algorithmes.
 Le pape y rappelle que la technologie « n'est pas en soi un mal » mais qu'elle « prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l'utilisent ». Comme l'IA ne peut « être considérée comme moralement neutre », il convient de la « désarmer » pour « l'empêcher de dominer l'humain », assure le pape augustinien. Rappelant certaines « utilisations manifestement inhumaines » comme la manipulation de l'information ou la violation de la vie privée, le pape insiste sur la nécessité d'un code éthique commun sur l'IA ainsi que sur le rôle crucial de l'éducation pour apprendre à en maîtriser les risques. Il va jusqu'à dénoncer « les nouvelles formes d'esclavage », nées des besoins d'extraction de ressources nécessaires à l'utilisation de l’IA, comme les microprocesseurs.
 Sur le plan économique, Magnifica Humanitas s'alarme des transformations profondes du monde du travail. L'encyclique dénonce le risque d'une automatisation de masse qui détruirait des millions d'emplois sans offrir de filets de protection sociale adéquats. Le pape américain s'en prend à l'impact éthique et écologique de l'intelligence artificielle, réclamant des solutions techniques plus durables.
 « Désarmer » l’intelligence artificielle ne signifie toutefois pas de renoncer à la technologie, mais de l’empêcher de dominer l’humain. Cela passe moins par des choix techniques que par la soumission de l’utilisation des données et des technologies à « un contrôle public » et l’affirmation du « rôle irremplaçable de la personne ». Léon XIV prend également position dans un domaine où l’intelligence artificielle fait peser un autre risque de déshumanisation, celui de la guerre. C’est précisément parce que le monde s’engage dans une spirale mortifère banalisant une « culture violente de la puissance » que l’intelligence artificielle doit, selon le pape, faire l’objet d’une régulation internationale.
 Le constat du pontife est sombre et sa critique, sévère. Il demande une pause, pour recadrer, s’il est encore temps, la vitesse astronomique de l’intelligence artificielle. Deux images bibliques encadrent tout le texte : la tour de Babel, symbole d’une technique coupée de Dieu, et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie, figure d’un travail patient ordonné au bien commun.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
 
 Avec cette semaine :
 
 - Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
 
 L’ENCYCLIQUE DU PAPE
 
 C’est le lundi de Pentecôte que le pape Léon XIV a publié sa première encyclique, Magnifica humanitas (magnifique humanité). Un texte de plus de 100 pages, dans lequel il développe une réflexion sur la révolution de l'intelligence artificielle (IA), et ses conséquences sur la dignité humaine. Au Vatican, le pape américain a choisi de présenter lui-même - fait inédit - ce document d'Église qui lance un appel à encadrer et réguler les algorithmes.
 Le pape y rappelle que la technologie « n'est pas en soi un mal » mais qu'elle « prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l'utilisent ». Comme l'IA ne peut « être considérée comme moralement neutre », il convient de la « désarmer » pour « l'empêcher de dominer l'humain », assure le pape augustinien. Rappelant certaines « utilisations manifestement inhumaines » comme la manipulation de l'information ou la violation de la vie privée, le pape insiste sur la nécessité d'un code éthique commun sur l'IA ainsi que sur le rôle crucial de l'éducation pour apprendre à en maîtriser les risques. Il va jusqu'à dénoncer « les nouvelles formes d'esclavage », nées des besoins d'extraction de ressources nécessaires à l'utilisation de l’IA, comme les microprocesseurs.
 Sur le plan économique, Magnifica Humanitas s'alarme des transformations profondes du monde du travail. L'encyclique dénonce le risque d'une automatisation de masse qui détruirait des millions d'emplois sans offrir de filets de protection sociale adéquats. Le pape américain s'en prend à l'impact éthique et écologique de l'intelligence artificielle, réclamant des solutions techniques plus durables.
 « Désarmer » l’intelligence artificielle ne signifie toutefois pas de renoncer à la technologie, mais de l’empêcher de dominer l’humain. Cela passe moins par des choix techniques que par la soumission de l’utilisation des données et des technologies à « un contrôle public » et l’affirmation du « rôle irremplaçable de la personne ». Léon XIV prend également position dans un domaine où l’intelligence artificielle fait peser un autre risque de déshumanisation, celui de la guerre. C’est précisément parce que le monde s’engage dans une spirale mortifère banalisant une « culture violente de la puissance » que l’intelligence artificielle doit, selon le pape, faire l’objet d’une régulation internationale.
 Le constat du pontife est sombre et sa critique, sévère. Il demande une pause, pour recadrer, s’il est encore temps, la vitesse astronomique de l’intelligence artificielle. Deux images bibliques encadrent tout le texte : la tour de Babel, symbole d’une technique coupée de Dieu, et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie, figure d’un travail patient ordonné au bien commun.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 Une émission de Philippe Meyer, enregistr...</itunes:subtitle><itunes:block>no</itunes:block><itunes:episodeType>full</itunes:episodeType><itunes:duration>01:00:22</itunes:duration><itunes:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><googleplay:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><podcast:txt purpose="smartlink">https://audmns.com/wgzzSNZ</podcast:txt><itunes:episode>488</itunes:episode><itunes:keywords>Actualité,Actualité internationale,Politique,Société,Philippe Meyer,Jean-Louis Bourlanges,Matthias Fekl,Nicole Gnesotto,Michaela Wiegel,Pape,Leon XIV,Encyclique,Gabriel Attal,Édouard Philippe,Élection présidentielle</itunes:keywords></item><item><title>Bada : les musiciens et le pouvoir en France, avec Maryvonne de Saint-Pulgent (6/7)</title><guid isPermaLink="false">55e872ec-43d0-4c49-8d1c-07073f3c1e8e</guid><description>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;6 : Dans ce sixième épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer reviennent sur le groupe des Six et les transformations matérielles de la musique au cours des années 1920 et 1930, alors que la musique enregistrée se diffuse. Les Années folles signent ainsi une collaboration étroite de la musique avec les autres arts, jusqu’à la chute de 1929. Ils rappellent également le rôle important de Romain Rolland en tant que théoricien de la musique, et acteur du monde musical.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</description><content:encoded>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;6 : Dans ce sixième épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer reviennent sur le groupe des Six et les transformations matérielles de la musique au cours des années 1920 et 1930, alors que la musique enregistrée se diffuse. Les Années folles signent ainsi une collaboration étroite de la musique avec les autres arts, jusqu’à la chute de 1929. Ils rappellent également le rôle important de Romain Rolland en tant que théoricien de la musique, et acteur du monde musical.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</content:encoded><pubDate>Wed, 27 May 2026 08:45:00 GMT</pubDate><enclosure url="https://audio.audiomeans.fr/file/hChUDAaLCm/55e872ec-43d0-4c49-8d1c-07073f3c1e8e.mp3?_=1762883231" length="13940870" type="audio/mpeg"/><link/><itunes:summary>Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
 
 Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025.
 
 6 : Dans ce sixième épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer reviennent sur le groupe des Six et les transformations matérielles de la musique au cours des années 1920 et 1930, alors que la musique enregistrée se diffuse. Les Années folles signent ainsi une collaboration étroite de la musique avec les autres arts, jusqu’à la chute de 1929. Ils rappellent également le rôle important de Romain Rolland en tant que théoricien de la musique, et acteur du monde musical.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 6 : Dans ce sixième épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer reviennent sur le groupe des Six et les transformations matérielles de la musique au cours des années 1920 et 1930, alors que la musique enregistrée se diffuse. Les Années folles signent ainsi une collaboration étroite de la musique avec les autres arts, jusqu’à la chute de 1929. Ils rappellent également le rôle important de Romain Rolland en tant que théoricien de la musique, et acteur du monde musical.
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 Une conversation entre Maryvonne de Saint...</itunes:subtitle><itunes:block>no</itunes:block><itunes:episodeType>bonus</itunes:episodeType><itunes:duration>14:31</itunes:duration><itunes:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><googleplay:image href="https://static.audiomeans.fr/img/podcast/2338ec8c-0c26-4650-af5d-dc4770028ccc.jpg"/><podcast:txt purpose="smartlink">https://audmns.com/jdFYZPi</podcast:txt><itunes:episode>457</itunes:episode><itunes:keywords>Actualité,Actualité internationale,Politique,Société,Philippe Meyer,Culture</itunes:keywords></item><item><title>Thématique : le nouveau pouvoir évangélique, avec Sébastien Fath</title><guid isPermaLink="false">f87823b4-8898-4f86-8cf0-c3bfbfaf2de1</guid><description>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? 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Grasset).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE NOUVEAU POUVOIR ÉVANGÉLIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À l’occasion de Pâques 2026, Donald Trump a relancé la polémique religieuse et politique en attaquant publiquement le pape Léon XIV, premier pape américain, avant de diffuser sur Truth Social une image de synthèse le représentant en Christ guérisseur. L’épisode a provoqué un malaise jusque au-delà des milieux chrétiens, il a choqué la droite religieuse et il rappelle combien la religion demeure un acteur central de la vie publique américaine. Il s’inscrit dans un contexte plus large de recompositions du christianisme mondial, qui ne se joue pas seulement entre Rome et Washington, mais à l’échelle de tous les continents.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est précisément cette transformation que met en lumière votre livre, Sébastien Fath, &lt;em&gt;Le Nouveau Pouvoir évangélique&lt;/em&gt;, consacré à la montée en puissance du protestantisme évangélique. Issu de la Réforme et des grands réveils modernes, ce courant fondé sur la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’engagement missionnaire rassemblerait aujourd’hui plus de 700 millions de fidèles, dont près de 48 millions de francophones. Longtemps perçu comme américain, il est désormais multipolaire, porté surtout par les dynamiques du Sud global.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’Afrique est devenue l’un de ses principaux centres de gravité, avec des Églises très influentes sur les plans social, éducatif et parfois politique. L’Asie compte environ 220 millions d’évangéliques, l’Amérique latine connaît une expansion spectaculaire, tandis que l’Europe et la France enregistrent une croissance plus limitée mais réelle, avec environ 1,1 million de fidèles aujourd’hui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutefois, cette expansion ne signifie pas homogénéité. Aux États-Unis, les évangéliques blancs, longtemps au cœur du conservatisme politique, sont passés d’environ 23 % de la population en 2006 à 13 % en 2023, dans un contexte de forte politisation. Ailleurs, l’évangélisme se déploie sous des formes très diverses, entre megachurches, réseaux numériques, action sociale ou dynamiques migratoires. Il n’existe donc pas un évangélisme mondial, mais une pluralité de trajectoires adaptées aux contextes locaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hébergé par Audiomeans. Visitez &lt;a href="https://www.audiomeans.fr/politique-de-confidentialite"&gt;audiomeans.fr/politique-de-confidentialite&lt;/a&gt; pour plus d'informations.&lt;/p&gt;</description><content:encoded>&lt;p&gt;Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! &lt;a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement"&gt;https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 30 avril 2026.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec cette semaine :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Sébastien Fath, sociologue et historien, auteur de &lt;em&gt;Le nouveau pouvoir évangélique&lt;/em&gt; (éd. Grasset).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE NOUVEAU POUVOIR ÉVANGÉLIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À l’occasion de Pâques 2026, Donald Trump a relancé la polémique religieuse et politique en attaquant publiquement le pape Léon XIV, premier pape américain, avant de diffuser sur Truth Social une image de synthèse le représentant en Christ guérisseur. L’épisode a provoqué un malaise jusque au-delà des milieux chrétiens, il a choqué la droite religieuse et il rappelle combien la religion demeure un acteur central de la vie publique américaine. Il s’inscrit dans un contexte plus large de recompositions du christianisme mondial, qui ne se joue pas seulement entre Rome et Washington, mais à l’échelle de tous les continents.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est précisément cette transformation que met en lumière votre livre, Sébastien Fath, &lt;em&gt;Le Nouveau Pouvoir évangélique&lt;/em&gt;, consacré à la montée en puissance du protestantisme évangélique. Issu de la Réforme et des grands réveils modernes, ce courant fondé sur la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’engagement missionnaire rassemblerait aujourd’hui plus de 700 millions de fidèles, dont près de 48 millions de francophones. Longtemps perçu comme américain, il est désormais multipolaire, porté surtout par les dynamiques du Sud global.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’Afrique est devenue l’un de ses principaux centres de gravité, avec des Églises très influentes sur les plans social, éducatif et parfois politique. L’Asie compte environ 220 millions d’évangéliques, l’Amérique latine connaît une expansion spectaculaire, tandis que l’Europe et la France enregistrent une croissance plus limitée mais réelle, avec environ 1,1 million de fidèles aujourd’hui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutefois, cette expansion ne signifie pas homogénéité. Aux États-Unis, les évangéliques blancs, longtemps au cœur du conservatisme politique, sont passés d’environ 23 % de la population en 2006 à 13 % en 2023, dans un contexte de forte politisation. Ailleurs, l’évangélisme se déploie sous des formes très diverses, entre megachurches, réseaux numériques, action sociale ou dynamiques migratoires. Il n’existe donc pas un évangélisme mondial, mais une pluralité de trajectoires adaptées aux contextes locaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. 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 Avec cette semaine :
 - Sébastien Fath, sociologue et historien, auteur de Le nouveau pouvoir évangélique (éd. Grasset).- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
 LE NOUVEAU POUVOIR ÉVANGÉLIQUE
 
 À l’occasion de Pâques 2026, Donald Trump a relancé la polémique religieuse et politique en attaquant publiquement le pape Léon XIV, premier pape américain, avant de diffuser sur Truth Social une image de synthèse le représentant en Christ guérisseur. L’épisode a provoqué un malaise jusque au-delà des milieux chrétiens, il a choqué la droite religieuse et il rappelle combien la religion demeure un acteur central de la vie publique américaine. Il s’inscrit dans un contexte plus large de recompositions du christianisme mondial, qui ne se joue pas seulement entre Rome et Washington, mais à l’échelle de tous les continents.
 C’est précisément cette transformation que met en lumière votre livre, Sébastien Fath, Le Nouveau Pouvoir évangélique, consacré à la montée en puissance du protestantisme évangélique. Issu de la Réforme et des grands réveils modernes, ce courant fondé sur la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’engagement missionnaire rassemblerait aujourd’hui plus de 700 millions de fidèles, dont près de 48 millions de francophones. Longtemps perçu comme américain, il est désormais multipolaire, porté surtout par les dynamiques du Sud global.
 L’Afrique est devenue l’un de ses principaux centres de gravité, avec des Églises très influentes sur les plans social, éducatif et parfois politique. L’Asie compte environ 220 millions d’évangéliques, l’Amérique latine connaît une expansion spectaculaire, tandis que l’Europe et la France enregistrent une croissance plus limitée mais réelle, avec environ 1,1 million de fidèles aujourd’hui.
 Toutefois, cette expansion ne signifie pas homogénéité. Aux États-Unis, les évangéliques blancs, longtemps au cœur du conservatisme politique, sont passés d’environ 23 % de la population en 2006 à 13 % en 2023, dans un contexte de forte politisation. Ailleurs, l’évangélisme se déploie sous des formes très diverses, entre megachurches, réseaux numériques, action sociale ou dynamiques migratoires. Il n’existe donc pas un évangélisme mondial, mais une pluralité de trajectoires adaptées aux contextes locaux.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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 LE NOUVEAU POUVOIR ÉVANGÉLIQUE
 
 À l’occasion de Pâques 2026, Donald Trump a relancé la polémique religieuse et politique en attaquant publiquement le pape Léon XIV, premier pape américain, avant de diffuser sur Truth Social une image de synthèse le représentant en Christ guérisseur. L’épisode a provoqué un malaise jusque au-delà des milieux chrétiens, il a choqué la droite religieuse et il rappelle combien la religion demeure un acteur central de la vie publique américaine. Il s’inscrit dans un contexte plus large de recompositions du christianisme mondial, qui ne se joue pas seulement entre Rome et Washington, mais à l’échelle de tous les continents.
 C’est précisément cette transformation que met en lumière votre livre, Sébastien Fath, Le Nouveau Pouvoir évangélique, consacré à la montée en puissance du protestantisme évangélique. Issu de la Réforme et des grands réveils modernes, ce courant fondé sur la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’engagement missionnaire rassemblerait aujourd’hui plus de 700 millions de fidèles, dont près de 48 millions de francophones. Longtemps perçu comme américain, il est désormais multipolaire, porté surtout par les dynamiques du Sud global.
 L’Afrique est devenue l’un de ses principaux centres de gravité, avec des Églises très influentes sur les plans social, éducatif et parfois politique. L’Asie compte environ 220 millions d’évangéliques, l’Amérique latine connaît une expansion spectaculaire, tandis que l’Europe et la France enregistrent une croissance plus limitée mais réelle, avec environ 1,1 million de fidèles aujourd’hui.
 Toutefois, cette expansion ne signifie pas homogénéité. Aux États-Unis, les évangéliques blancs, longtemps au cœur du conservatisme politique, sont passés d’environ 23 % de la population en 2006 à 13 % en 2023, dans un contexte de forte politisation. Ailleurs, l’évangélisme se déploie sous des formes très diverses, entre megachurches, réseaux numériques, action sociale ou dynamiques migratoires. Il n’existe donc pas un évangélisme mondial, mais une pluralité de trajectoires adaptées aux contextes locaux.
 Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
 
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